L’interview de Gunther BUNEL, gérant de ABECEDAIRE & adhérent de la CPME 76

C’est dans un petit salon à l’arrière d’une salle de réunion, où tourne une platine vinyle jouant un album de Miles Davis, que Gunther Bunel nous accueille.

À trois cents mètres de la gare de Rouen, l’équipe d’ABECEDAIRE a installé ses nouveaux locaux ainsi que ceux de la jeune association Normandie.ai, qui organise un événement gratuit pour les visiteurs au Parc Expo de Rouen, le 19 décembre 2024 : la toute première « Journée Normande des intelligences artificielles responsables ».

 

Peux-tu te présenter et nous présenter tes activités ?

Je m’appelle Gunther Bunel, j’ai grandi à Paris, où j’ai longtemps travaillé pour Veolia Environnement dans le transport urbain. J’ai aussi vécu à Londres, d’où je suis revenu après le Brexit. J’ai créé à Rouen, il y a six ans, un studio de développement web appelé ABECEDAIRE, dans lequel nous continuons de développer des solutions numériques.

En travaillant sur la conception de solutions intégrant de l’intelligence artificielle, nos clients nous ont demandé, il y a deux ans, de commencer à les former, car nous étions « les mieux placés » pour les accompagner.

Cela paraissait tellement logique pour eux que nous avons pris, avec mon associé Simon Lecoeur, la décision de créer l’organisme de formation PIXEL Compétences.

Aujourd’hui, nous formons en entreprise des dirigeants et collaborateurs sur les bonnes techniques et pratiques de l’intelligence artificielle.

Nous avons aussi été retenus cette année pour accompagner des institutions publiques (Région, Métropole, OPCO) sur les sujets liés à l’intelligence artificielle.

 

Peux-tu nous citer quelques-unes de tes références ?

Pourquoi pas.

Nous avons le plaisir de compter plusieurs projets pilotés par TOSHIBA Europe, l’application de l’Armada 2023, l’Office de Tourisme de Dieppe, NAE, E.Leclerc, Éolienne en Mer… et quelques autres.

 

Comment est née l’idée de Normandie.ai ?

Il me restait encore quelques heures de sommeil à sacrifier.

Avec une poignée de bénévoles passionnés, nous avons créé, en début d’année, l’association loi 1901 Normandie.ai, qui, comme son nom l’indique, a pour volonté de fédérer l’ensemble des acteurs normands travaillant autour des sujets de l’intelligence artificielle.

L’association organise la première édition de « La Journée Normande des Intelligences Artificielles Responsables » le 19 décembre prochain au Parc Expo de Rouen.

 

Quelle est la nécessité de créer un événement tel que celui-ci ?

Fédérer et faire parler du territoire.

Depuis mon arrivée en Normandie, j’entends régulièrement que nous sommes trop proches de Paris et que cela joue en notre défaveur.

 

En Normandie, nous avons tous les composants d’une bonne recette pour les sujets liés à l’intelligence artificielle.

Nous avons des laboratoires de recherche, des entreprises, des étudiants et des projets sur l’ensemble de la région, qui abordent des thématiques économiques et sociétales.

Il ne reste qu’à le faire savoir et à travailler de concert.

 

L’IA redistribue les cartes dans de nombreux domaines. Pour autant, nous devons être sensibles à la notion de souveraineté de nos données, qu’elles soient personnelles ou qu’elles appartiennent à nos entreprises.

Cela nous amène à l’éthique et à la responsabilité de chacun.

Il n’y a pas de magie dans l’IA : il y a des atouts et des conséquences derrière chaque ligne de code.

 

Des enjeux éthiques, comme je l’évoquais à l’instant, mais aussi économiques et écologiques.

 

Par exemple, en jouant une heure à faire des licornes sur ChatGPT, vous consommez un litre d’eau.

C’est un fait.

Une fois qu’on le sait, on se doit tous d’adapter nos « nouvelles habitudes ».

 

Cela passe aussi par la définition du :

Pourquoi avant le comment ?

 

L’événement du 19 décembre proposera des conférences sur différentes thématiques (stratégie, société, technologie et design).

Par exemple, une conférence sera proposée par deux intervenantes, Emmanuelle ABOAF et Thanh Lan DOUBLIER, sur le handicap, pour expliquer comment les outils d’IA peuvent accompagner les personnes en situation de handicap.

 

Nous aborderons également la notion de droit, une question qui intéresse particulièrement les entreprises, quelle que soit leur taille.

 

En somme, je dirais que nous sommes tous dans un bac à sable gigantesque qui évolue tellement vite que l’événement nous permet de nous rencontrer et aussi de nous interroger.

 

Si les visiteurs repartent avec plus de questions que de réponses, nous aurons avancé collectivement.