À la CPME Normandie, les mandats se vivent comme des engagements, et les transitions comme des temps forts collectifs.
Élu en mars 2025, André Festou a conduit, pendant près d’un an, une présidence marquée par l’écoute, la proximité avec les adhérents et une parole patronale claire, ancrée dans les réalités du terrain normand. Dès le mois de septembre, il a fait le choix d’anticiper la suite, avec responsabilité et transparence, afin de permettre une transition sereine et préparée.
Le 12 janvier 2026, la CPME Normandie a ainsi ouvert un nouveau chapitre avec l’élection de Luc Chavany à sa présidence. Une continuité assumée, construite dans le dialogue, l’entente et le respect mutuel, avec une volonté partagée : poursuivre et renforcer l’action de la CPME au service des TPE-PME normandes.
Dans cette interview croisée, André Festou et Luc Chavany reviennent ensemble sur cette année d’engagement, sur la feuille de route à venir et sur l’esprit qui anime la CPME Normandie : agir utilement, rester proche des entrepreneurs et porter une parole patronale responsable sur le territoire.
André FESTOU, En mars dernier, vous preniez la présidence de la CPME Normandie. Avec le recul, qu’est-ce qui a marqué cette année d’engagement à vos yeux ?
« Deux éléments prioritaires.
La première, c’est la volonté de proximité auprès des adhérents. Le message a toujours été clair : nous sommes là pour servir nos adhérents et être au plus près de nos territoires. C’est une vision partagée avec toute l’équipe, qui s’est traduite par un plan d’actions concret. À mon sens, c’est ce qui a insufflé une nouvelle énergie au sein de la CPME Normandie.
Le deuxième élément majeur, c’est le pacte national de la CPME. Il a apporté une véritable ligne directrice, très attendue. Il a clarifié nos attentes et renforcé nos actions locales.
Dans le même temps, Amir Reza-Tofigh, Président national, a ouvert le champ des possibles, notamment sur le plan politique. Il nous a permis d’avoir une vision plus large de nos actions sur les territoires, et en particulier ici, en Normandie.
Aujourd’hui, la CPME nationale nous donne les moyens d’aller chercher de nouveaux adhérents et d’être encore plus proches d’eux. C’est essentiel, car pour être réellement représentatifs des entreprises, nous devons être suffisamment nombreux. Le nombre, c’est la force.»
André FESTOU, vous avez fait le choix d’anticiper la transition dès septembre. Pourquoi était-ce important pour vous, et quel message vouliez-vous adresser aux adhérents ?
« Dès le mois de septembre, j’ai informé le bureau régional que je ne pourrais pas poursuivre ma mission de Président. À partir de là, il m’a paru indispensable de travailler cette période de transition.
Pour moi, l’institution est plus importante que tout. Les individus passent, mais les structures ne doivent pas en être fragilisées. Une fois arrivé au bout de ce que j’avais engagé depuis le début de mon mandat, j’ai naturellement réfléchi à la suite.
Luc Chavany s’est rapidement positionné comme candidat à la présidence régionale. Nous nous connaissions déjà bien : il a été administrateur de la CPME Calvados lorsque j’en assurais la présidence départementale. Il a également été tête de liste aux élections de la CCI Caen et en est devenu vice-président, ce qui a renforcé ma conviction.
Nous partageons aujourd’hui les mêmes valeurs et la même vision, avec une attention particulière portée aux adhérents. Et, quand on parle d’adhérents, on parle surtout des dirigeants, en tant que personnes.
Depuis novembre, nous avons beaucoup échangé pour accélérer sa prise de fonction et sa connaissance des dossiers, afin que la CPME Normandie poursuive son action sans rupture.»
Luc CHAVANY, vous vous apprêtez à prendre la présidence de la CPME Normandie. Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous engager à ce niveau, au service des entrepreneurs normands ?
« Trois choses m’ont motivé.
D’abord, la relation avec André. Cela fait de nombreuses années que nous nous côtoyons et que nous avons eu l’opportunité de travailler ensemble, notamment avec la CCI. Nous partageons les mêmes valeurs, en particulier celle de placer le dirigeant au cœur de l’action économique. Dans les PME, souvent patrimoniales mais pas uniquement, le rôle du dirigeant est central — y compris celui des directeurs très impliqués.
La deuxième chose, je suis assez fidèle dans mes démarches et dans ma carrière ! Lorsque je suis arrivé en Normandie, il y a plus de quinze ans, pour reprendre une entreprise de plasturgie de plus de 30 salariés, la CPME m’a beaucoup aidé. Elle m’a permis de construire un réseau, mais aussi de prendre du recul.
Dans une PME, on n’a pas toujours de services juridiques ou financiers en interne. C’est là que la CPME m’a aidé à comprendre des sujets fiscaux ou réglementaires très concrets, notamment sur la taxe professionnelle qui était en vigueur dans le bassin caennais à cette époque. J’en suis très reconnaissant.
Enfin, parce que l’entrepreneuriat et l’envie d’agir sont parfois décriés aujourd’hui. Le président national, Amir Reza-Tofighi, porte haut ces valeurs. Je suis convaincu que c’est grâce à des organisations patronales fortes, et une CPME forte, que nous pourrons défendre l’entrepreneuriat et le développement des entreprises dans notre pays.»
André FESTOU, quelles sont, selon vous, les forces de la CPME Normandie aujourd’hui, et sur lesquelles il faut absolument s’appuyer pour les années à venir ?
« Aujourd’hui, 98 % du tissu économique normand est constitué de TPE-PME. Ce sont des entreprises pour lesquelles nous devons agir et apporter des services concrets. Elles n’ont pas toujours les moyens de se faire entendre seules.
Notre force, c’est l’écoute sur les territoires. Quand on parle de territoires, on parle d’économie réelle, d’entreprises proches de leurs salariés. Cette connexion au terrain nous permet de les représenter au mieux, notamment dans le dialogue social.
Nous disposons également de moyens renforcés, impulsés par la CPME, notamment en matière de communication, pour mener une politique active auprès de nos adhérents et futurs adhérents. »
Luc chavany, vous avez la parole.
« La CPME Normandie bénéficie d’un historique solide et d’un réseau fort de plus de 1 000 adhérents sur tout le territoire normand.
Ensuite, la Normandie est la première région industrielle de France, avec plus de 20 % de son PIB issu de l’industrie. À l’heure où l’on parle de désindustrialisation, nous devons rester fortement mobilisés auprès de ces entreprises, sans nous limiter uniquement aux TPE-PME de services. On doit être fort sur le territoire et rester mobilisés pour être influents !
Nous connaissons le terrain en profondeur : nous pouvons nous appuyer sur des équipes d’élus passés, présents et futurs, très engagés. Je veux dire en ce sens, que ce sont les hommes qui font les organisations et non les organisations qui font les hommes. Il faut que l’on continu de s’appuyer sur le travail de nos élus qui ont œuvré à la CPME Normandie et qui ne sont pas insensibles à continuer de voir progresser notre syndicat et qui sont de véritables caisses de résonnance pour parler de nos actions.
Il faut continuer de s’appuyer sur nos mandats territoriaux et sur notre présence dans les organismes paritaires. Aujourd’hui, la CPME Normandie est représentée par 368 mandataires entièrement bénévoles pour 550 sièges. Cette présence nous donne une connaissance fine du territoire et une véritable capacité d’influence. »
Luc chavany, Sans tout bouleverser, quelles seront vos priorités pour les premiers mois de votre mandat ?
« Il ne faut pas s’attendre à de grands bouleversements. Je suis pleinement dans une logique de continuité : on conserve ce qu’il vaut et réforme ce qu’il faut !
Trois mots guideront mon mandat : exemplarité, décision et action. Tout se joue sur le terrain. Comme le dit Amir Reza-Tofighi : « L’optimisme n’est pas une naïveté, c’est une décision. »
Dans un contexte économique exigeant et incertain, notre responsabilité est d’agir : par l’innovation, l’export et la formation de nos equipes. »
André, la CPME revendique des valeurs de proximité, de terrain et d’engagement. Comment cela se traduit-il concrètement, ici en Normandie, dans votre action quotidienne ?
« Cela passe par une présence active sur chaque territoire, avec des délégués, au plus près des adhérents et auprès de ce qui veulent nous rejoindre et s’engager.
Cela se traduit aussi par les services proposés, comme par exemple, l’accompagnement juridique que l’on peut transférer pour des entreprises qui ne disposent pas de ressources internes dédiées.
Mais aussi par le travail que l’on peut mettre en place en termes de communication qui est capitale dans la transmission d’information aujourd’hui. C’est pourquoi nous nous sommes dotés d’un poste régional pour restructurer et mettre en place ce rôle clé afin de mieux informer nos adhérents, renforcer le lien et valoriser nos actions. »
Luc Chavagny, on vous écoute.
« Pour moi, la proximité, c’est avant tout être présent là où sont les entreprises. Sur le terrain, lors de rencontres, de colloques, de formations, mais aussi en visio. Il ne faut pas rejeter le numérique qui reste un bon outil. Être proche des dirigeants et de leurs attentes, ce n’est pas rester dans un bureau mais c’est d’agir avec eux. Notre présence terrain reste essentielle ! »
Le mot de la fin ? André Festou, vous voulez commencer ?
« Le poste est passionnant ! Je souhaite à Luc de s’épanouir pleinement dans ce rôle. Il y a plein de belles choses à y faire. Je suis convaincu que nous avons trouvé le bon président pour notre structure et je continuerai à suivre l’institution en tant qu’administrateur de la CPME Calvados. »
Luc, pouvez-vous conclure ?
« Je souhaite adresser un grand merci à André pour son engagement depuis plus de 15 ans à la CPME Calvados, puis CPME Normandie. Je veux aussi le remercier pour avoir été un facilitateur lors de cette transition, je sais que l’on peut encore compter sur sa disponibilité et nous ne manquerons pas de le faire ! Il peut en être sûr ! »
