Une soirée pour dire tout haut ce que les PME vivent tout bas
Le 23 mai 2025, à Alençon, plus de 140 entrepreneurs, élus et décideurs étaient réunis pour une soirée-débat inédite avec Véronique Louwagie, Ministre déléguée au Commerce et à l’Artisanat, et Amir Reza-Tofighi, président national de la CPME. Une soirée sans langue de bois, avec une ambition claire : porter la voix des TPE-PME face aux grands défis économiques.

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Concurrence déloyale : Shein, Temu… et nous ?
Chaque jour, nos artisans voient passer des milliers de colis venus de Chine, sans TVA ni contrôle. Pendant ce temps, nos PME crèvent à petit feu, étranglées par une concurrence faussée. Si le gouvernement avance quelques mesures (malus sur la fast fashion, contrôles ciblés, actions européennes), la CPME réclame un électrochoc : 25 € de taxe par colis, immédiatement. « Faisons comme les États-Unis : frappons fort. Sinon, c’est notre tissu économique qui s’effondre. »
Micro-entrepreneurs : simplification ou distorsion ?
Le débat sur le seuil de franchise de TVA a mis en lumière une fracture : entre l’équité fiscale et la simplification pour les auto-entrepreneurs. Oui, le régime a aidé des milliers de Français à se lancer. Mais aujourd’hui, il devient un frein à la croissance, voire une concurrence déloyale. La ministre envisage un double seuil (25 000 € pour le bâtiment, 37 500 € ailleurs), mais la réforme est suspendue jusqu’à l’automne. Une décision qui interroge : encore une réforme repoussée sous la pression ?
PGE : des dettes à la gorge, et aucun air pour respirer
Des centaines de milliers d’entreprises doivent rembourser leurs Prêts Garantis par l’État, contractés en pleine tempête COVID. Mais rembourser 250 000 € par an, c’est asphyxiant. Amir Reza-Tofighi le martèle : « On ne peut pas dire qu’on sauve les entreprises… puis les laisser couler à cause du remboursement. » La CPME appelle à des solutions concrètes : étalement sur 10 ans, transformation en prêts capés. Pour soutenir, pas sanctionner.
Liberté de travailler le 1er mai : pourquoi interdire ce que les gens veulent faire ?
Le 1er mai, les fleuristes et boulangers n’ont pas le droit d’ouvrir. Résultat ? Le marché noir prospère. Pourquoi interdire à ceux qui veulent bosser, d’exercer leur métier ? Amir Reza-Tofighi est clair : « Ceux qui veulent travailler doivent pouvoir le faire, payés double. C’est du bon sens. Il faut arrêter d’infantiliser les entrepreneurs. »
Commande publique : et si l’État montrait l’exemple ?
Premier acheteur de France, l’État a un rôle capital. Pourtant, les appels d’offres privilégient encore le prix au détriment du local. Estelle Bonnaud, cheffe d’entreprise, a lancé un appel fort : « Valorisons les entreprises de nos territoires ! » La ministre évoque une évolution possible vers une préférence européenne, des seuils relevés pour les marchés sans mise en concurrence, ou encore une simplification des plateformes. De belles intentions, mais l’enjeu reste l’application sur le terrain.
Trop de fiscalité, pas assez de marge
Avec 45 % de prélèvements obligatoires, la France reste championne des taxes. Mais que reste-t-il pour investir ? Pour embaucher ? Amir Reza-Tofighi pousse un coup de gueule salutaire : « On veut réformer ? Alors parlons dépenses publiques, simplification, efficacité. Ce n’est pas en tapant toujours sur les mêmes qu’on s’en sortira. »
Flers–Argentan : une route, des promesses, toujours pas de béton
Depuis 1990, les acteurs locaux attendent le passage à 2×2 voies entre Flers et Argentan. Le projet est prêt, les financements posés… mais des recours juridiques bloquent encore. Là aussi, le message est clair : « Quand l’État veut, il sait aller vite. Pourquoi pas pour les PME ? » Il est temps de sortir du labyrinthe administratif pour accélérer les projets structurants.
En conclusion : la parole est libre, et elle continue
Cette soirée a montré une chose : nos PME ont des choses à dire, des propositions concrètes, et une envie farouche de faire avancer le pays. La CPME Normandie continuera à porter cette voix. Vous pouvez retrouver l’intégralité de la retranscription sur notre site pour plonger dans le détail des échanges.
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